Lettre mensuelle n°5!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Janvier 2010
Cette lettre de janvier est un partage, avec vous tous, de la grâce et des bénédictions reçues à Rikhia en cette fin d’année 2009.
Il est nécessaire, afin de saisir profondément le contenu de cette lettre, de laisser l’intellect raisonnant de coté et de s’ouvrir à la
subtilité intelligente du cœur.
J’ai été rappelé, intérieurement, à l’ashram de Rikhia une première fois pour le Maha Yajna à la fin novembre (Cela faisait sept ans que je
n’y étais pas retourné).
Le Maha Yajna est un grand rituel tantrique, rassemblant des milliers de personnes des quatre coins du globe, qui célèbre le divin dans son
aspect féminin.
Le culte de Devi éveille le sentiment d’être projeté dans les entrailles de l’humanité, à la source même de la création. Ce rituel éveille
nos qualités féminines de lâcher-prise, d’abandon, d’écoute intuitive, de créativité, de compassion, de don et d’amour.
Le Maha Yajna symbolise la création elle-même, unissant la source de toute vie à l’humanité.
« Yajna » se traduit par sacrifice. Cette attitude de sacrifice libère l’égo des voiles qui masquent la lumière de la source dans nos cœurs
et renforce l’amour.
Durant le Yajna un maha puja est célébré, où des mantras sont récités en continu pendant des heures et des jours entiers, en jetant des
offrandes dans le feu, pour le bien de tous les êtres. Durant le Yajna, nous devons garder une attitude intériorisée et offrir au feu
sacrificiel d’agni nos émotions et pensées négatives ainsi que les samskaras qui forment notre égo et entravent notre évolution et réalisation.
Pendant chaque offrande, nous prononçons « Swaha » qui signifie « j’offre ».« Swaha », c’est s’offrir soi-même. Ainsi, on se voit renaître
à travers l’acte de sacrifice… L’être ancien est brulé et un nouvel être « divin » se dégage. Yajna est un rituel de transformation,
par l’esprit du don où nous rendons hommage au créateur.
Ce Maha Yajna a été aussi pour moi l’occasion de revoir une dernière fois notre bien aimé Paramahamsa Satyananda au milieu des fleurs et des
enfants et, à leur image, émouvant de simplicité et de pureté… Toute l’œuvre de Satyanandaji m’est alors apparue comme le don absolu de toute
sa vie à l’humanité… En le regardant, mon coeur était tellement plein à craquer de reconnaissance et d’émotions, que les larmes coulaient sans
cesse comme deux robinets ouverts.
Fondateur de la Bihar school of yoga et du yoga que nous pratiquons en commençant par le hatha yoga et en passant par le yoga nidra, le travail
sur les chakras, les nadis, les tattwas, les mantras, les yantras, les méditations tantriques et les kriyas, Paramahamsaji est aussi
l’initiateur de Sivananda Math (œuvre caritative pour les classes les plus défavorisées).
Swami Satyananda nous a transmis le message du yoga tantrique « en frottant deux morceaux de bois l’un contre l’autre, le feu est créé afin
de consummer notre ego avec son égoïsme et son égocentrisme ». Il nous disait que la vie spirituelle commence seulement lorsque nos cœurs
s’ouvrent et que nous ressentons la souffrance des autres.
Il disait, « Quand je mange, je pense à la faim et à tous ceux qui meurent de faim et j’envoie alors de la nourriture à ces pauvres gens.
Lorsque le froid me frappe, la première pensée qui me vient à l’esprit est de savoir si d’autres ont une couverture pour se protéger
du froid ».
Il nous a montré, par l’exemple que la vie spirituelle s’accomplit pleinement dans le seva (service à l’humanité) et culmine dans l’amour.
Swami Satyananda Saraswati n’a pas été uniquement un très grand yogi et maître, mais il a été également reconnu comme un saint.
Lorsqu’il est arrivé à Rikhia, il n’y avait rien, pas d’eau, pas de nourriture, les gens mourraient de faim, sans vêtement pour se couvrir,
abandonner par le gouvernement indien.
Il n’a depuis jamais cessé de servir, d’aimer et de donner à ces humbles personnes.
Il a fait construire des logements, des écoles pour l’éducation des enfants, un hôpital pour les soins, il fit creuser des puits afin que les
villageois aient de l’eau potable, il a fourni du matériel agricole, des semences et a envoyé ses swamis dans les villages pour labourer les
champs et apprendre aux habitants à travailler la terre. Il a donné vaches, chèvres, vélos, rikshaws et fournissait ainsi des emplois afin que
chacun retrouve sa dignité.
Paramahamsaji a insisté sur l’importance de l’éducation des enfants et plus particulièrement des filles ainsi que l’élévation spirituelle des
femmes, si importantes pour l’amélioration du monde de demain.Les qualités féminines ont à ressurgir dans notre monde affamé et assoiffé d’amour
et de spiritualité.
Paramahamsaji a été toute sa vie un serviteur de l’énergie divine, il a conduit des centaines de disciples vers la réalisation afin qu’ils
puissent se consacrer au service du monde.
Swami Niranjanananda, son fils spirituel, a dit : « Permettez moi de renaître encore et encore afin d’aider ceux qui souffrent physiquement,
mentalement, émotionnellement et socialement, afin d’’aider les gens à trouver leur place dans la vie, pour essuyer les larmes de la souffrance
et pousser les gens de cette planète sur une trajectoire différente…
« Mon sankalpa est de lutter pour faire libérer les autres ».
De même swami Satyasangananda (appelée affectueusement : Satsangi), fille spirituelle de Satyanandaji n’a cessé de travailler sans relâche
pour
élever les plus faibles et les plus défavorisés. Elle incarne la compassion, le dévouement, le service et le don total à la vie spirituelle.
Sivananda Math est son œuvre et sa mission. Elle nous montre la voie du parfait disciple, avec le cœur du boddhisattva, tendant la main partout
où il y-a un appel au secours de près ou de loin, prête à sacrifier sa propre liberté pour libérer la souffrance de l’humanité.
Parfait canal de son gourou, elle est aujourd’hui son digne successeur dans la transmission des enseignements du yoga et du tantra.
Le travail de Paramahamsa Satyananda s’est répandu dans le monde entier comme la flamme de son amour de cœur à cœur.
Il nous dit que le yoga de demain sera celui du cœur, le Bhakti yoga.
Tout comme le printemps vient après l’hiver, le temps de l’amour et du partage viendra après celui du matérialisme froid et égoïste.
Lorsque nous devenons capables d’abandonner notre égoïsme et notre égocentrisme, nous nous unissons alors à la source de la vie, qui n’est rien
d’autre qu’amour.
Le Bhakti yoga, ou yoga de l’amour et de la dévotion, est difficilement compréhensible dans nos sociétés intellectuelles modernes, où le cerveau
gauche domine. Pourtant la voie de la Bhakti est une méthode extraordinairement puissante, qui permet de développer harmonieusement
les deux cerveaux en éliminant la constipation intellectuelle et en libérant les émotions et les sentiments.
L’une des plus grandes difficultés actuellement est la difficulté à exprimer les émotions, celles-ci étant refoulées, réprimées, elles ne
s’expriment que de manière réactionnelle et violente.
La voie de Bhakti permet aux émotions négatives d’être transformées par l’énergie du cœur, ainsi la peur sera transmutée en confiance, la colère
en tolérance, la rancœur en pardon, la haine en compassion etc…
Tous les yogas, pratiqués avec régularité et intensité, conduisent au Bhakti yoga.
Que nous soyons jnana yogi, karma yogi, hatha yogi, raja yogi, au moment de la réalisation nous vivons l’unité et l’amour, alors nous n’avons
pas d’autres choix que d’être un bhakti yogi.
Il est dit que le bhakti yoga est le premier et le dernier des yogas…L’amour est ce qui est à l’origine de tout et sera ce qui restera à la
finalité.
Lorsqu’on a une âme de bhakti yogi, il est clair que cette voie est la voie la plus rapide et directe vers la grâce divine. Mais il faut savoir
que tous les chemins mènent à la même expérience, la réalisation du Soi.
Lorsque la compulsion séparatrice de l’égo est libérée, nous expérimentons une sorte d’ivresse de bonheur, comme un nectar qui coule de nos
cœurs vers tous les êtres. Partout où nos yeux se posent on voit le divin et tout ce que l’on touche nous relie au divin. Nous baignons
totalement dans l’essence suprême qui est partout à l’intérieur et tout autour de nous.
Cet amour n’est plus sélectif, il n’implique aucune différence, aucune séparation, c’est l’amour absolu pour tout et pour tous…les humains,
les animaux, les végétaux, les arbres, les fleurs, les étoiles, les minéraux, la terre, l’univers tout entier.
Cet amour nous comble totalement et nous rend donc absolument libre et heureux.
Tel est la grâce d’être un bhakta.
Le bhakti yoga est simple, il nous demande simplement de nous abandonner. Ce qui nous empêche ce lâcher prise total, c’est la résistance de
l’ego qui se protège et ne veut pas disparaitre.
« Pourtant il arrive un moment où il est important de laisser aller l’excédent de bagages, il s’agit d’une voie naturelle » nous dit
swami Niranjanananda « notre corps ne retient pas l’excès de déchets, il maintient toujours son harmonie, pourtant nous sommes incapable de
faire la même chose dans notre esprit…quatre-vingt pour cent des choses dans l’esprit sont inutiles ! »
Le détachement ou non possessivité « Aparigraha » est le 5ème yama des yogas sutras de Patanjali.
« Quand on est fermement établi dans la non possessivité, alors la connaissance survient ».
« Aparigraha est l’une des vertus cardinales. Elle consiste à l’abandon de tout attachement. Le yogi ne conserve que ce qui est essentiel pour
sa vie, une telle attitude dégage le mental et lui ôte tout soucis des choses qu’il n’a plus à protéger »
Swami Satyananda Saraswati
On peut s’attacher à des objets, mais on peut s’attacher aussi à des personnes, à des habitudes, à des émotions, à des idées, à son corps
physique, à son apparence, à nos ambitions personnelles, aux rôles que nous jouons dans la vie, à tout ce qui constitue notre petit moi.
On gagne énormément à dissoudre ces attachements, ces habitudes qui consument tant d’énergies précieuses.
Le sentier devient facile pour celui qui ne formule plus de préférence et s’abandonne entre les bras de la mère divine (vie).
Cet état permet d’éveiller considérablement buddhi, car le mental se tait alors, et permet d’identifier tout ce qui encombre la conscience et
l’empêche de prendre son expansion.
Il conduit au discernement clair, lucide, par lequel on peut repérer nos attentes égotiques agissant comme des voiles et nous écartant de notre
véritable mission.
L’abandon conduit au détachement.
L’aptitude à s’abandonner et à se détacher accélère l’évolution.
Un des plus grands défis, c’est de lâcher prise sans cesse sur ce qui ne sert plus afin d’accueillir ce qui se présente.
Pour évoluer il faut toujours abandonner quelque chose pour rester en mouvement, une attitude, un rôle, une relation, un travail, une manière
de vivre… Si la vie implique autant de souffrance, l’une des principales raisons en est l’attachement !
Connaissez-vous l’histoire de Siddhârta Gautama (le Bouddha)
« Il était un prince comblé, fils de roi, marié à une belle princesse, lui-même père d’un adorable fils. Le roi s’était arrangé pour
« le protéger » et qu’il ne voit jamais ni la vieillesse, ni la maladie, ni la mort mais uniquement jeunesse, santé et beauté.
Pourtant un jour les portes de l’enceinte royale se sont ouvertes et Siddhârta se faufile à l’extérieur. Il croise alors un vieillard décrépit,
et comprend soudain que lui aussi deviendra un jour ainsi.
Plus loin, il croise un malade, maigre, fébrile et il ressent alors profondément la souffrance de cet homme… Plus loin encore il voit un cadavre
inerte, comprend instantanément qu’il est de notre lot à tous de mourir physiquement…
Et pour finir il croise un ascète, portant la robe geru des moines hindous, un sannyasin, au regard lumineux, intense, paisible, au crâne rasé …
Tellement différent des autres !
Il comprend que cet homme vit intérieurement dans un état de conscience au-delà de la vieillesse, de la maladie et de la mort,
libéré de toute souffrance.
A partir de ce moment, l’avenir royal de Siddhârta est totalement compromis.
Une fête est organisée au palais avec mets et vins à volonté, danseuses et courtisanes.
Lorsque la fête est terminée, lorsque tous sont endormis, Siddhârta quitte définitivement le palais, sans regret, sans se retourner, la vie
mondaine s’étant détaché de lui à jamais… Il devient alors le bouddha (l’éveillé).
Swami Satyananda était sannyasin, un swami, qui avait renoncé au monde ou plutôt à qui le monde avait renoncé. Il a initié des centaines de
disciples au sannyasa.
Swami signifie « maître de soi même » Ces swamis ont pour mission de servir la vie spirituelle dans un engagement total à la mission de leur
maître en répandant la spiritualité de porte en porte et de rivage en rivage.
Les initiations ont été utilisées dans toutes les civilisations. Elles sont graduelles et servent à nous connecter peu à peu à la vibration
du maître et agissent comme des accélérateurs évolutifs.
L’initiation : « Diksha », vient de la source « diksh » qui signifie « se vouer » et « Daks » qui signifie « croître ».
Recevoir le diksha signifie élargir en conscience au travers un processus d’’engagement.
Diksha implique à la fois donner et recevoir. Donner de soi-même et recevoir du gourou. Le premier gourou est la source divine dont la
puissance descend d’une lignée de maîtres.
Le gourou de notre tradition Saraswati est Shankaracharya.
Lors de l’initiation un mala, chargé de l’énergie du maître est un dhoti (morceau de tissus) est donné à l’initié.
Chaque couleur a une signification particulière. Le blanc représente la pureté du novice, sa sincérité et le sérieux de connaître les vérités
spirituelles.
Lorsque vous prenez le mantra diksha et recevez un nom spirituel, vous êtes à un commencement, comme une feuille blanche sur laquelle rien
n’a été écrit. Le gourou va vous donner la première initiation, ce que vous écrirez sur cette page dépendra de vous. L’initié s’engage
intérieurement à réciter son mantra à l’aide du mala quotidiennement, ce qui est un commencement pour libérer le mental par la concentration.
Le nom spirituel qui vous est donné indique les potentialités que vous avez à développer dans cette vie.
Le jaune représente l’aspirant déjà engagé sur le chemin spirituel.
Le jaune, couleur de la lumière de l’esprit aide l’aspirant par le discernement et le développement de buddhi à se libérer peu à peu des voiles
et obstacles (samskaras) qui l’empêchent de réaliser son Etre véritable et ses potentialités. A ce stade, il suit une sadhana régulière
quotidienne et son mantra, ce qui le connecte davantage à son maître spirituel.
Le geru (ocre/orange) symbolise l’harmonie, la paix, la force intérieure de l’âme, la joie.
Il est révélateur de l’incendie par lequel l’aspirant brûle son karma, ses désirs, ses attachements et dépasse ainsi le caractère manifeste de
l’ego. Tel est le but du karma sannyasin qui approfondit sa relation avec son gourou et le sert dans sa mission.
Lorsque l’aspirant disciple est libéré des désirs et des passions personnelles, il brille alors comme un feu capable d’allumer la flamme
spirituelle d’autres personnes. Il est prêt alors pour l’engagement total dans la vie spirituelle et le seva. Il devient alors un véritable
disciple du divin incarné par son maître.
Le maître sait quand l’aspirant disciple est mûr, il lui donne alors le poorna sannyasa.
Le mot sanscrit sannyasa vient de deux racines : sam « complet » et nyasa « soumission ».
Le sannyasa est la tradition de la complète soumission.
Dans nos sociétés le mot soumission résonne mal et est très mal interprété.
Pour moi, cela signifie que la conscience est suffisamment éveillée pour que la vie mondaine et la recherche de ses plaisirs se détachent comme
un fruit mûr. Alors le disciple s’abandonne totalement avec un grand bonheur et en toute liberté à la grâce divine.
Swami Satsangi m’avait demandé par courrier d’être présente à l’ashram pour Noël… Aussi ma décision était prise, avant même de rentrer de mon
premier séjour à Rikhia, d’y retourner. Je pressentais que c’était important !
Le cinq décembre à minuit, Paramahamsaji entrait en Maha Samadhi.
Swami Satsangi a déclaré que le cinq décembre à 17 h 30, Swamiji lui a dit : « Il est temps pour moi d’aller et ne m’arrêtes pas ». Il a demandé
son mala, s’est installé en siddhasana et est entré en méditation profonde. En utilisant les techniques du yoga, il a quitté son corps.
Paramahamsaji a maîtrisé sa mort comme il a maîtrisé sa vie.
Il est parti pendant un alignement astrologique important en signe de feu.
Swami Satyanandaji nous demande à tous de célébrer sa vie en pratiquant le yoga qu’il nous a transmis, en faisant de bonnes actions et en ouvrant
nos cœurs.
Nous pouvons continuer son œuvre en servant, en aimant, en donnant, en méditant, et en nous réalisant.
Le seize décembre je repartais pour Rikhia avec mon amie Mitrarûpa.
Un maha puja de seize jours consécutifs était célébré, tandis que swami Niranjan et swami Satsangi restaient silencieux dans un espace intérieur
profond.
Le vingt deux décembre, le maha puja était à son point culminant conduit par trois femmes tantrikas du sud de l’Inde aux côtés de swami Satsangi.
A l’origine, seule les femmes pouvaient exercer des yajna tantriques et des puja.
Ces Sannyasinis font parties également de la tradition Saraswati mais suivant le courrant tantrique au lieu du chemin yogique. Au lieu du Geru et
du crâne rasé, elles portent des robes oranges vifs et leurs cheveux sont enroulés en chignon au sommet du crâne.
Ces Sannyasinis tantrika utilisent toute une série de mudras et de nyasas, en scandant des mantras en relation avec l’énergie de divinités et en
jetant des offrandes au feu purificateur.
Pandits, Brahmines, sadhus, swamis, chefs spirituels de toutes traditions sont venus des quatre coins de l’Inde pour rendre un dernier hommage
au grand yogi.
Pour clôturer le puja, une enfant a raconté la vie de Paramahamsaji et aussi tout ce qu’elle et les villageois ont reçu de lui.
Ensuite, swami Niranjan a déclaré qu’il était venu au monde pour servir Paramahamsaji et montrer la voie du disciple, et qu’il se retirait à
présent à Munger, dans un kutir près du Gange pour faire tapas (austérité). C’est swami Satyasanganandaji(Satsangi) qui devient la mère de
l’ashram et le gourou.
C’est elle qui va voyager et transmettre les enseignements du yoga et du tantra.
Après le maha puja, beaucoup ont quittés l’ashram et tout est devenu très paisible à Rikhia.
Le corps de Parahamsaji repose assis en méditation dans parna kutir, la petite maison à côté du jardin où il avait accompli la saddhana des
cinq feus, à l’ombre de l’arbre rudraksha.
L’ananda du grand maître enveloppe aujourd’hui Rikhia d’une aura de lumière et de paix tangible.
Le 23 décembre swami Niranjan a quitté l’ashram. Nul ne savait si nous allions fêter Noël et s’il y-aurait des initiations, mais le bruit
courait qu’il n’y aurait rien.
Pourtant le 24, nous avons commencé à préparer une cuisine différente qui avait un air de fête…
Dans l’après midi du 24, une swami proche de Satsangi est venue vers moi et m’a dit :
« Cette nuit, nuit sacrée de Noël, vous allez recevoir le poorna sannyasa… Préparez vous, on va venir vous chercher pour aller chez
le barber (coiffeur) ».
Je me suis senti alors enveloppée par une vibration qui me portait complètement…
Quelques minutes plus tard j’étais assise près du kutir où repose Paramahamsaji et je regardais très sereinement de longues mèches de cheveux
tombant sur le sol les unes après les autres.
Aucune sensation de sacrifice dans mon cœur, rien que de la paix, celle qui accompagne les choses quand elles sont justes et en harmonie avec
notre âme.
Il m’est alors apparu que toute ma vie, depuis ma naissance avait été une préparation à ce moment.
Il m’est alors apparu que depuis mon arrivé à Rikhia, tout avait contribué à me préparer à cet événement en me purifiant d’abord par les larmes,
puis par le seva de l’eau (avec Mitrarûpa nous avons lavé des milliers de main après chaque repas, les pieds nus dans l’eau glacée)…
Quand ce seva était terminé, on me demandait de laver les sols…
La nuit, mes chakras : Mooladhara, Swadhistana, et Manipura tournoyaient à grande vitesse, tandis-que Anahata battait comme un tambour et que
Vishuddi et Ajna se dilataient…
Mon sang, arrêté depuis plusieurs mois, n’a cessé de couler durant tout le séjour.
Et pour finir la nuit sacrée du 24 décembre, représente symboliquement la véritable naissance, celle dans la vie spirituelle.
Le barbier a rasé ma tête, laissant juste une longue mèche de cheveux au niveau du bindu.
Lorsque la nuit est arrivée, l’initiation a commencée. Après un rituel sacré swami Satsangiji a coupé la mèche restante au bindu et m’a alors
initié au poorna sannyasa. Je suis entré alors dans la grande famille spirituelle Saraswati en devenant, l’une des premières sannyasinis de
swami Satsangi.
Plus tard dans la soirée, Noël a été célébré sous le ciel étoilé, autour de la petite chapelle chrétienne dans une fraternité internationale
extaordinaire, avec des chants de noël dans toutes les langues et des mantras autour d’un havan (feu sacré).
Et puis l’enfant jésus est arrivé et, même un peu plus tard, le père noël distribuant des cadeaux aux enfants des villages et à tous, sous le
regard rempli d’amour de swami Satsangi.
Aujourd’hui je sais que par swami Satsangi qui est son canal, Satyanandaji est là, dans mon cœur et je lui demande de me donner la force et le
courage de vivre comme une disciple et une sannyasini.
Je suis très reconnaissante à Mitrarûpa qui durant ce voyage a été une amie, une complice et une confidente. Toujours discrète et à l’écoute,
légère quand il le fallait et aussi plus forte pour me soutenir et m’accompagner.
Aujourd’hui, c’est à elle que je donne le seva de soutenir Sivananda Math au centre Ajna.
Je tiens à remercier également Coco, Shantipriya et Séverine qui ont assuré les cours durant mon absence dans un esprit de seva.
