Lettre mensuelle n°1!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Septembre 2009
En cette rentrée de septembre 2009, le centre Ajna débute sa troisième année et comme nous, il évolue… Il s’épanouit dans l’unité du yoga
et de l’Âyurveda, deux sciences sacrées qui œuvrent ensemble avec les forces de la nature dans le respect d’une écologie intérieure et
extérieure.
L’écologie dont nous parlons ici est d’intégrer le yoga et l’Âyurveda dans notre manière de vivre. C'est-à-dire de veiller à prendre soin de
nous-mêmes, tout en préservant le monde autour de nous. Ceci est la clé de la santé et de l’harmonie à tous les niveaux (microcosme et
macrocosme).
Notre planète est en souffrance et l’être humain est en souffrance… Il nous suffit d’ouvrir les yeux pour constater cet état de fait !
Orientés essentiellement vers le divertissement et l’avoir, nous tournons le dos au bon sens et à la sagesse en nous éloignant toujours
plus loin de la dimension universelle par laquelle nos vies trouvent sens et bonheur !
A l’époque où des sommes d’argent considérables sont dépensées pour la recherche scientifique et la médecine, nous sommes de plus en plus
malades et malheureux… Stress, anxiété, dépression, insomnie, cancers, maladie d’Alzheimer, maladies auto-immunes,
orphelines, allergies, addictions diverses, obésité, anorexie, suicide, sida, grippes animales de toutes espèces etc.… Nous avons perdu le sens
de ce qui est juste, de ce qui est bon pour nous-mêmes et la nature qui nous entoure. La recherche de distractions permanentes nous entraîne
dans la confusion, dans un état de pauvreté intérieure et d’éternelle insatisfaction.
Rester en santé, vivre dans l’harmonie, trouver le bonheur nous demandent d’élever notre conscience. Nous devons développer une vision juste
de ce que nous voulons pour nous-mêmes, nos enfants, nos petits enfants et le monde de demain. Lorsque nous pratiquons le yoga et respectons
les principes naturels de l’Âyurveda, nous nous connectons peu à peu à la source de la vie présente à l’intérieur de chacun de nous.
Nous pouvons alors participer pleinement à la danse de l’univers, en respectant ses lois, en conscience et liberté.
Comme la nature tout entière, nous sommes composés de cinq éléments : L’espace, l’air, le feu, l’eau et la terre.
Réaliser que nous sommes ces cinq éléments, tout comme l’arbre, la plante, l’animal, ouvre notre mémoire de l’origine de toute vie et nous
permet de dissoudre tout égoïsme, étroitesse d’esprit ainsi que tout sentiment de supériorité.
Le premier principe du yoga est « Ahimsa », la non violence, que nous devons commencer à appliquer à nous-mêmes pour ensuite l’appliquer
aux autres et au monde qui nous entoure.
Ahimsa nous demande une vigilance de chaque instant. Il remet en question notre manière de vivre, de nous nourrir, nos loisirs, nos désirs,
nos pensées, nos émotions, nos réactions, et nos actions. Le Mahatma Gandhi, qui était un fervent pratiquant de la non violence, disait
qu’Ahimsa était le chemin vers Satya, la vérité. Trouver la vérité en soi même, vivre dans la vérité au plus proche de nous-mêmes,
est le but du yoga et de l’Âyurveda.
Dans la pratique : Commençons à appliquer ce premier conseil « Ahimsa », lorsque nous sommes au cours de yoga.
Lettre mensuelle n°2!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Octobre 2009
L’univers est un tout indissociable, toutes les choses, tous les êtres vivants font partie d’une unique réalité, d’une même source, du même
océan de vie qui les rassemble au-delà de l’individuel.
La même force vit au cœur de chaque atome de la matière, ainsi chaque être est dans son essence une entité intrinsèquement identique à toutes
les autres.
Quelle que soient les divisions entre les hommes, les familles, les nations, les religions, les castes, les politiques… Toute l’humanité est
bien plus qu’une simple fraternité : elle est une seule et même vérité.
Le but suprême de toute vie humaine est de réaliser cette unité avec la source de la vie.
Afin d’entrer en contact avec cette source, la condition nous est indiquée sur le temple de Delphes : « Connais-toi toi-même ».
Le yoga et l’Âyurveda nous apprennent que chaque être humain est un modèle unique de l’éternel Brahma et que découvrir ce qu’il y a de
particulier en nous et ce que nous avons en commun avec tous les êtres vivants représente le chemin le plus noble et le plus épanouissant
pour chacun de nous.
A l’origine, l’univers existait en un état de conscience et d’énergie unifiée non manifestée. A partir de la vibration « Om » émanèrent les
cinq éléments : l’éther, l’air, le feu, l’eau et la terre qui constituent toute la matière.
L’être humain est un microcosme de la nature, par conséquent les cinq éléments présents dans toute matière existent en chaque individu.
Les cinq éléments de base se manifestent dans le corps humain en tant que trois forces que sont les trois doshas : vata, pitta, kapha.
Ces trois forces gouvernent toutes nos fonctions biologiques, physiologiques, psychologiques du corps et de l’esprit et sont à la base de nos
particularités physiques, mentales et émotionnelles.
La constitution individuelle de chacun est déterminée dès sa conception et se nomme « prakriti ». En sanskrit, « Prakriti » signifie
« première création ».
La connaissance ayurvédique est essentielle dans le processus de découverte de nous-mêmes. Comprendre et accepter notre prakriti nous permet
de comprendre comment le mode de vie, les activités, la nourriture, les pensées, les émotions, les plantes, les épices etc. … Tendent soit à
équilibrer ou bien à déséquilibrer notre nature de base.
Nous connaître et respecter ce qui nous convient, nous conduit vers l’harmonie intérieure et la santé, conditions premières à tout
épanouissement intérieur.
La réalisation de Soi vient par l’exploration de la prakriti, la matière qui nous compose dans toutes ses formes de manifestations et par la
connaissance des lois qui s’y appliquent.
Mettre notre vie en accord avec les lois qui régissent l’univers, c’est vivre dans la vérité. Cela signifie ne plus vivre superficiellement,
mais en conscience et développer une attitude juste face à la vie.
Le yoga sutra verset II 36 nous dit :
« Quand on est établi dans un état de vérité (satya), l’action porte des fruits appropriés ».
Cela signifie que lorsqu’on est en contact avec notre essence profonde, la conscience guide nos actions qui sont justes dans chaque situation.
En vivant en surface, nous négligeons satya et nous nous créons alors de nombreuses difficultés, nous nous blessons nous même, nous devenons
nos pires ennemis. La maladie, la douleur physique et émotionnelle sont le résultat de l’éloignement de satya.
Il existe un critère qui nous permet d’évaluer la justesse de nos actions et de nos pensées : « nous ont-elles apporté de la paix
intérieure ? » Si la réponse est négative, alors notre action n’est pas juste, elle ne vient pas de notre être profond et n’est pas en accord
avec nous même. Elle nous vient de l’ego et du mental conditionné.
Il est impossible de méconnaître une pensée juste qui nous vient directement de la source, car elle s’accompagne d’une compréhension totale et
d’un sentiment de vérité intérieure.
Pour un humain sincèrement en quête de soi, l’écoute de sa nature intérieure et l’observation de la nature extérieure lui offre une opportunité
bien heureuse d’une compréhension juste et profonde de lui-même et du monde qui l’entoure. Il peut découvrir l’interrelation permanente qui
existe avec tout ce qui est vivant et œuvrer afin de maintenir l’ordre.
Si nous observons la nature en ce début d’automne, nous pouvons sentir son énergie descendante le mouvement de la sève qui se retire vers les
racines… Nous pouvons voir les feuilles qui se dessèchent, jaunissent et tombent ainsi que les fruits.
Avec l’automne, l’air se rafraichit au fur et à mesure que les jours décroissent. Le règne de l’été et de l’élément feu (pitta) laisse la place
à celui plus frais, plus sec, plus léger du vent, de l’air (vata).
Cette saison vata est celle des récoltes, des vendanges, ou l’on engrange pour les besoins de l’hiver.
Dans notre corps, l’automne est une saison qui contribue à la construction des tissus pour préparer l’hiver.
L’appétit revient, mais il peut être fluctuant comme le vent sous l’effet de vata.
Il est alors important de nous discipliner et de prendre trois repas réguliers.
L’automne n’est pas le moment de jeûner, c’est au contraire le moment de se nourrir correctement en privilégiant des aliments cuits,
chauds, doux, salés et légèrement épicés (anti vata).
Il est juste d’éviter les crudités, les salades (froides, légères, astringentes, amères) qui augmenteraient vata en cette saison.
Les céréales comme le blé, l’épeautre, le quinoa, le millet, le riz complet, consommé avec des légumineuses (haricot mungo et lentille corail
essentiellement) et des épices (curcuma, cardamone, cumin, coriandre, fenouil) sont excellents et conviennent aux trois doshas, en donnant
une sensation de plénitude et en participant à la construction des tissus.
Les fruits (pommes, poires, figues) cuits en compote avec de la cannelle, conviennent également à tous en cette saison.
Si votre nature de base est vata ou pitta, prenez de l’avoine cuite avec des pommes et des épices au petit déjeuner, vous commencerez la journée
avec un mental calme et un système nerveux plus équilibré… Des fruits en compote sont suffisants pour les tempéraments kapha.
Les légumes de saison, pommes de terre, carotte, navet, courge, potimarron, potiron, betterave, feront un savoureux potage pour le diner et
aideront au transit intestinal, (sensible chez les personnes vata et couramment perturbées en cette saison).
Evitez les excitants comme le thé, le café, l’alcool et la cigarette (très vatagénique), préférez le tchaï, infusion de cannelle, cardamone,
gingembre frais et clou de girofle (si vous êtes pitta, évitez les clous de girofle).
Si votre nature de base est kapha, vous pouvez entreprendre une mono diète d’une journée hebdomadaire de raisin, afin d’éliminer ama (toxines)
dans l’organisme, durant l’automne.
Consommez du ghee (beurre clarifié) avec des céréales et des légumes et (ou) des huiles vierges (sésame, olives, tournesol, noix et noisettes)
selon votre dosha.
Si vous n’ y êtes pas allergique, vous pouvez prendre du lait frais et bio, consommé chaud avec du safran, de la cardamone et de la cannelle.
L’automne est la saison où les troubles vata apparaissent ou s’aggravent. Vata s’accumule dans le colon sous forme de gaz et de constipation,
dans les articulations qui deviennent douloureuses et craquantes, dans le mental sous forme d’agitation, d’anxiété, d’instabilité, d’insomnie.
La peau est davantage sèche, rugueuse, ainsi que les cheveux qui ont tendance à tomber.
Il est alors essentiel de nourrir le corps et l’esprit.
Le massage à l’huile tiède est recommandé en automassage ou bien en soin abyanga avec un professionnel. Une douche chaude juste après permet à
l’huile de pénétrer en profondeur dans les tissus.
C’est le moment d’installer une routine yogique régulière, de préférence le matin au réveil ou au crépuscule (période vata de la journée) selon
vos possibilités ou votre tempérament.
Le matin la pratique réveillera votre corps en douceur et le préparera pour une agréable journée, le soir elle apaisera le corps et l’esprit et
favorisera un sommeil réparateur.
Les asanas recommandés sont ceux qui agissent sur apana (énergie descendante).
Lettre mensuelle n°3!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Novembre 2009
La conscience des humains aujourd’hui est en profonde mutation. Nous nous trouvons à un moment crucial, à un tournant de la civilisation
où beaucoup de forces sont à l’œuvre.
Bien que certains vont toujours plus loin dans la destruction, d’autres ne se font plus
complices du système en place et tournent le dos à l’engluement généralisé, au vortex descendant conduit par la société de consommation et
repartent dans l’autre sens. Ils choisissent délibérément de vivre avec justesse et simplicité élevant leur niveau de conscience et se
dirigeant vers le meilleur dans l’être humain. Il ne s’agit pas pour eux de se couper du reste du monde, de devenir marginal et asocial,
mais de vivre dans un état d’esprit éclairé.
Le verset ll 37 des yogas sutras nous dit : « Lorsque nous sommes fermement établis dans « Asteya », la non-convoitise, l’abondance vient
à nous ».
« Asteya » signifie « ne pas voler », ne pas s’approprier ce qui ne nous appartient pas.
La pratique du yoga nous conduit à davantage d’intériorisation et développe peu à peu un
sentiment de plénitude et de bonheur profond, nous avons alors la sensation d’avoir
suffisamment.
Convoiter sans cesse ce qui est à l’extérieur est le signe d’une grande pauvreté intérieure et est caractéristique du monde d’aujourd’hui.
Nos sociétés d’abondance suggèrent en permanence d’avoir des désirs et le désir des désirs. L’avidité est au cœur du système avec sa profusion
d’objets et de nouveautés.
La convoitise crée l’illusion et l’engourdissement béat ! Trop de faire, trop de choses,
trop de plaisirs à acheter, pour avoir un peu de temps pour s’évaluer soi-même, s’occuper de son entourage et de la nature !
De ce point de vue la crise que nous sommes en train de vivre est bien plus qu’une crise financière, c’est une véritable crise existentielle qui
révèle l’avidité toujours grandissante des individus et des entreprises.
Il y a une histoire indienne qui raconte que pour attraper un singe,
on place une boite percée d’un trou de la largeur d’une main, attachée à un bananier et on y met à l’intérieur une banane… Le singe prend
la banane et ne peut plus retirer sa main… Les hommes arrivent et capturent le singe. Il aurait suffit à celui-ci de lâcher la banane pour
retrouver la liberté ! Mais il n’a pas le recul nécessaire pour voir la totalité du tableau… Le soleil dans la savane, ses amis, la nourriture
à profusion dans la nature et la liberté.
Le fait de donner de l’importance à cette banane, de donner
la priorité à l’avidité plutôt qu’à la liberté est aussi notre erreur !
Une autre image me vient à l’esprit, celle du piège à guêpes… On met dans une bouteille un produit sucré… Les guêpes attirées par l’appât se
battent jusqu’à la mort, agglutinées les unes sur les autres alors que la nature leur donnait tout ce dont elles avaient besoin et la liberté
de surcroit !... Mais guidées par leur avidité, elles se sont laissé prendre au piège.
Le piège à guêpes est tout à fait symbolique de la société d’aujourd’hui. L’appât, se sont les offres permanentes pour plus de sécurité,
de confort, de loisirs, de beauté, de jeunesse, de santé ! Avec tout ce que cela véhicule de valeurs artificielles !
Les sociétés riches ne s’intéressent pas à la vie, pas à la conscience, pas à la dimension spirituelle de l’être humain, elles engendrent
une civilisation où le culte de l’ego est religion, où l’existence n’est que divertissement, où le sens du partage et de la communauté ont
disparu. Pour avoir une idée juste des valeurs de nos sociétés modernes, il suffit d’observer la manière dont les salaires sont évalués…
Il est très significatif que ce genre de société paye 25 fois plus un joueur de foot qu’une infirmière… Ce n’est que le reflet d’une
idéologie de la consommation !
Ce modèle de société que nous avons réussi à imposer sur la planète est tout sauf une société idéale ! Il traduit une incompréhension profonde
de la vie ! Il suggère de manière constante que nous manquons de tout ! De sécurité, d’amour, de paix, de joie etc... Pour posséder ces
qualités qui manquent à nos vies, il faut se précipiter au dehors de nous même afin d’acquérir de quoi les combler et donc avoir plus pour
être davantage.
Mais la qualité de la vie n’a rien à voir avec une quantité de biens à posséder.
Il est temps d’ouvrir les yeux, nous ne sommes
pas ici pour réduire notre existence à la consommation, ce serait la consumer en vain !
La vie n’est vivante que quand elle découvre en elle-même sa propre complétude qui ne manque de rien, pour créer et se recréer elle-même
dans un monde à son image.
La seule économie qui puisse fonctionner est l’économie de la vie et celle-ci est
indissociable de l’écologie de la conscience.
Elle est la conscience qui invite chacun à
repenser ses valeurs et à faire la distinction entre désirs et besoins véritables, entre le nécessaire et l’inutile.
Développer Asteya, c’est choisir la modération. La simplicité volontaire est le seul choix qui peut s’avérer révolutionnaire et ouvrir
une perspective descente pour l’avenir de l’humanité. Osons aller joyeusement à contre courant des tendances consommatrices…
Aimons le goût de la frugalité. Opposons à la frénésie de la nouveauté, la maîtrise d’un geste et d’un art traditionnel.
Aimons le travail de l’artisan, pour tout l’amour qu’il met dans ce qu’il fait.
Préférons la petite boutique du quartier plutôt que les supermarchés à fabriquer des désirs.Faisons un usage très limité de la télévision
en redécouvrant le goût de la lecture.
Retrouvons le contact avec la nature, c’est une vraie joie de sentir ce déploiement généreux,sans limite… La nature est riche en
enseignements et ne s’embarrasse pas de gaspillage ! Asteya, la non convoitise nous conduit à retrouver le sens des responsabilités
de citoyen du monde.
Aujourd’hui à différents niveaux, des voix se font entendre et trouvent leur public.
Le futur est du coté de la vie… Il n’y a rien à convoiter puisque tout est déjà là, il suffit
simplement de libérer son espace de ce qui l’encombre.
L’été indien a été si flamboyant qu’il est bon de retrouver en ce mois de novembre un peu de « vrai » automne.
La lumière est belle et même sous le ciel gris, le soleil à l’oblique amène un voile de douceur contrastant avec la rousseur des feuillages.
On marche dans l’automne, on marche dans les feuilles, on marche dans l’odeur.
En Âyurveda, l’idée principale pour cette période de plein automne est de nourrir, d’hydrater, de réchauffer, de calmer et d’’enraciner.
L’ensemble des aliments ainsi que le mode de vie doivent tempérer l’excès de sécheresse, de légèreté et de froid naturellement présent dans
l’air.
Afin d’apporter à l’organisme le soutien et le confort dont il a besoin naturellement, on va privilégier les aliments et plantes à la saveur
sucrée et légèrement piquante.
Le doux est nutritif, apaisant et enracinant, le piquant apporte quant à lui de la chaleur.
Le gingembre frais avec du citron et du miel pris dans de l’eau chaude est un remède simple et universel que l’on peut adopter quotidiennement
pour hydrater, réchauffer, régénérer le système digestif et augmenter l’immunité.
Pensez aux infusions de thym, de romarin ainsi que d’épices douces comme la cannelle, la cardamone, le fenouil, le cumin, alliant le plaisir
aux vertus anti-vata.
C’est le moment des cueillettes de châtaignes et d’oléagineux nourrissants et enracinants,
des grenades aux vertus anti-oxydantes, des kakis très nutritifs.
N’oubliez pas l’application d’huile de sésame tiède suivie d’une douche chaude, recommandée pour pacifier vata, améliorer le confort
articulaire, hydrater la peau et régénérer rasa.

Lettre mensuelle n°4!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Décembre 2009
Décembre, encore quelques feuilles rousses qui ne résisteront pas au prochain vent, à la prochaine pluie… Et, dans l’entrelacs des branches
dénudées, un pâle soleil qui nous parle déjà de l’hiver.
La terre change, se transforme et se prépare pour la saison froide. Les plantes fanent en laissant tomber leurs graines qui deviendront bientôt
de nouvelles plantes…
La nature toute entière semble s’engourdir peu à peu et paraît plonger dans un profond sommeil… Pourtant, dans les racines profondes, les forces
de la vie se concentrent, préparant déjà la remontée de la sève et le renouveau du printemps.
La puissance qui était à l’extérieur est maintenant à l’intérieur.
De même, dans le corps humain l’énergie se concentre dans nos racines, dans les chakras inférieurs, dans la vessie, les organes sexuels,
les reins, les tissus profonds, les os, la moelle.
En Âyurveda, on considère deux périodes hivernales:
La première « Hemanta » s’étend de « Diwali », la fête des lumières début novembre, jusqu’après le solstice d’hiver.
La seconde « Shishira » s’étend de début janvier jusqu’à l’arrivée du printemps.
L’hiver est une saison qui risque d’aggraver les troubles vata (anxiété, peur, nervosité, perte de poids. sécheresse), mais également les
troubles kapha (rhumes, sinusites, bronchites, trachéites, asthmes…) parce que l’élément eau, l’humidité et le froid sont dominants et qu’ils
sont associés à vata et à kapha.
Les agrumes sont sur les étalages : citrons, pamplemousses, oranges, mandarines, c’est le moment d’en faire une cure…Le jus de pamplemousse,
le matin à jeun, est souverain afin de dissoudre ama (mucosités, toxines)… L’extrait de pépins de pamplemousse est excellent afin de fortifier
le système immunitaire et renforcer votre terrain.
En hiver la nourriture doit être chaude, douce, épicée, salée et légèrement acide. Elle doit être nourrissante sans être encrassante. Elle doit
permettre de reconstruire les tissus en profondeur… (L’énergie doit aller à l’intérieur, dans les tissus profonds).
Tous les légumes racines sont bons (carottes, navets, panais, pommes de terre, betteraves …)
Tous les légumes à chair dense (potimarrons, courges, citrouilles etc.…)
Tous les fruits cuits et secs avec des épices sont bons.
Les oléagineux (amandes, noisettes, noix, pignons) en petite quantité pour kapha.
Les châtaignes, les graines de citrouille, de tournesol, de sésame, de lin sont bons.
Les céréales telles le riz complet, l’épeautre, le millet, le quinoa, l’orge, le maïs sont excellents.
Les légumineuses telles les haricots de soja et les lentilles corail conviennent aux trois doshas.
Attention aux laitages si vous souffrez de troubles kapha…
Dans tous les cas le lait devrait être bio et frais, consommé chaud avec des épices… Et aucun yaourt ni fromage pour kapha. Les produits
animaux (viandes, charcuteries, patés, etc.…) sont très encrassants, producteurs de toxines (ama) ainsi que très tamasiques pour l’esprit.
En hiver, nous pouvons consommer davantage d’épices chauffantes tel le poivre noir, les clous de girofle, les graines de moutarde et le
gingembre sec afin de stimuler agni…Tout en restant prudents lorsqu’on a un pitta dosha.
Si vous souffrez d’anxiété ou de déprime avec la baisse de la lumière en hiver, essayez le lait de céréales chaud (riz, épeautre, millet,
quinoa …) avec du cacao noir + cannelle + cardamone + miel… apaisant, réconfortant et nourrissant.
Le sommeil avec l’alimentation est une façon de reconstruire son énergie. Les jours plus courts, les nuits plus longues nous invitent
naturellement à dormir davantage.
Vivre en harmonie avec la nature nous permet d’accorder notre rythme de vie au rythme interne de la nature.
Se mettre en accord avec la saison d’hiver signifie se calmer, se reposer, s’intérioriser en vue de se régénérer !... Ralentir comme les
plantes, les arbres, les animaux, les cours d’eau qui vivent une retraite profonde.
Si nous sommes sensibles à la rigueur de l’hiver, nous pouvons aussi en apprécier sa douceur, celle du silence, de la paix, de l’introspection,
de la méditation… C’est le cadeau de l’hiver ! Profitons-en pour revenir vers nous-mêmes, nous rapprocher de la source, de la vie qui palpite
en chacun de nous.
Selon le yoga et l’Âyurveda, le monde de notre personne et le cosmos tout entier est sous tendu par une unique réalité : Brahman.
Notre personne est structurée de la même manière que le cosmos qui est la face visible de Brahman. Il y a donc d’infinies et subtiles
solidarités qui nous unissent au cosmos. De même il y a des rythmes cosmiques dans nos rythmes intérieurs en commençant par le mouvement
permanent : vie/mort/vie, qui n’est que la résonnance sur le plan des corps du rythme : émanation/dissolution/émanation de l’univers en
Brahman.
Les énergies qui circulent en nous ne sont autres que les énergies cosmiques qui circulent dans l’univers.
Une saine hygiène de vie consiste à nous accorder sans cesse avec notre nature profonde et la nature qui nous entoure…
Vivre dans le Dharma, c’est là l’une des ambitions du yoga et de l’Âyurveda.
L’Âyurveda partage les principes dharmiques du yoga, tel les yamas, les nyamas et la loi du karma.
En plus du Dharma universel (ensemble de loi soutenant le monde) chaque personne possède son propre Dharma ou svadharma.
Le yoga nous aide, en permettant à notre conscience de s’épanouir, à comprendre quel est notre place dans l’univers et quel est le chemin qui
nous est propre, permettant à nos potentialités de se réaliser.
L’Âyurveda nous aide à mieux connaître notre nature et à rester en santé et en harmonie grâce à un régime alimentaire, un mode de vie, des
pratiques spirituelles en accord avec notre tempérament.
L’Âyurveda comme le yoga accorde une grande importance au svadharma de chacun. Cependant dans le Dharma suprême, tous les Dharmas ne font qu’un,
toute existence uni en un seul, Brahman fondement de tous les principes dharmiques.
Selon les vedas, Brahman est la source sous-jacente à toute existence, à la fois manifestée et non manifestée.
Brahman existe depuis toujours et existera à jamais. Il n’a ni commencement ni fin, il est en toute chose et transcende toute chose.
Brahman est présent en chacun de nous sous la forme de l’Atman (âme individuelle).
L’Atman est le principe d’identité entre ce qu’il y a de plus profond dans l’univers « Brahman » et ce qu’il y a de plus profond en
nous-mêmes
« l’Atman ».
Le cosmos tout entier, y compris nous-mêmes n’est qu’une émanation du Brahman, le passage de l’un au multiple, de Brahman à
la matérialisation.
La densification de la source a nécessité plusieurs adaptations. Au commencement Brahman, contenant en son sein toute la création, existait en un
état de conscience/énergie non manifesté.
A partir de l’état d’unité, des vibrations subtiles se manifestèrent et le son « Aum » permit à l’espace « Akasha tattwa» d’apparaître.
Cet élément étherique se mit à se mouvoir et ce mouvement créa l’élément air « vayu tattwa »le mouvement de vayu produisit une friction, puis
une énergie lumineuse, l’élément feu « agni tattwa » se manifesta.
A travers la chaleur du feu, les éléments se dissolurent et se liquéfièrent, manifestant l’élément eau « jala tattwa » puis se solidifièrent pour
former les molécules de la terre « prithvi tattwa ».
Les cinq éléments sont nés de la conscience cosmique et sont présents dans toute matière.
Nous pouvons observer le même processus en nous-mêmes. Brahman descend des plans subtils jusqu’au plan de la matière et ceci nécessite la
création d’enveloppes, de véhicules, les « koshas ».
De la plus subtile « anandamayakosha » (corps causal en relation avec Akasha), « vijnanamayakosha » (corps d’intuition en relation avec vayu),
« manomayakosha » (corps mental en relation avec agni), « pranamayakosha » (corps pranique en relation avec jala) et « anamayakosha »
(corps physique en relation avec prithvi).
Le but suprême de chacun est de remonter de tattwa en tattwa, de kosha en kosha, jusqu’à l’origine de nous-mêmes, notre véritables Soi.
Se connaître signifie connaître la vérité absolue.
Le Soi ne peut être connu intellectuellement, ni par le raisonnement, ni par l’analyse mais uniquement par l’expérimentation, par le vécu
sensible et intérieur.
Comment se fait il que nous ne connaissions pas le Soi puisqu’il est là, au plus profond de nous-mêmes, en tant que véritable nous-mêmes ?
Ce sont nos limitations physiques, sensorielles, l’opacité du corps avec ses nœuds, ces blocages énergétiques, l’obscurité du mental
conditionné, tout rempli d’idées étriquées sur la vie, la mort, l’humanité… Ce sont le moi personnel égoïste, l’intellect inférieur
surdéveloppé avec la froide raison « cartésienne » aux dépens de l’intuition, de l’intelligence supérieure fine subtile… qui nous aveuglent
et nous éloignent de la connaissance, de la vie profonde et riche de la source.
Coupés de nos origines nous vivons uniquement dans la matière, source de doutes, de craintes, incertains dans le présent et dans l’avenir,
le cœur fermé, le regard avide, recherchant ce qui nous manque (nous-mêmes) à l’extérieur de nous-mêmes !
Nous pouvons imaginer une pièce dans le noir… l’observateur ne peut voir que l’obscurité… pourtant dans cette pièce il y a une source de lumière,
mais comme elle est recouverte de plusieurs voiles, l’observateur ne peut la voir… L’être humain est identique à cette image, en son centre le
plus secret brille la lumière de l’Atman, la source universelle, mais elle est recouverte de cinq voiles que sont les koshas en relation avec
les cinq éléments.
Tant que les voiles ne sont pas purifiés, éclaircis, la lumière intérieure reste inaccessible ! Pourtant l’Atman qui ne connait ni crainte, ni
doute, ni ne vieillit, ni ne meurt, est là dans notre cœur, il attend que nous nous unissions à lui.
Dans tous nos manques, c’est l’Atman qui nous manque… Dans tous nos désirs, c’est l’Atman que nous désirons… C’est cette unité de l’origine
inscrite dans nos cellules que nous recherchons sans cesse partout autour de nous…
A l’origine nous étions « Un », ne l’oublions pas et nous avons tous faim et soif de cette unité perdue !... Accéder à notre véritable
nous-mêmes est simple, puisqu’il est déjà là en nous !... Mais cependant difficile à réaliser…
Il nous suffirait de lâcher prise totalement, d’abandonner tout ce que nous croyons être, tout ce que nous croyons savoir, de nous vider de
notre petit « moi » personnel, de devenir identiques à une coupe, à un calice, afin de permettre à la lumière de l’Atman de se répandre, de
combler notre cœur, d’étancher notre soif, notre faim d’unité.
Pourtant nous n’y arrivons pas !... la vie est là, l’amour est là, le bonheur est là, la paix est là,
à l’intérieur et nous continuons à chercher à l’extérieur !
Qui parmi nous ne souhaite pas vivre dans la joie et la plénitude ?
Qui ne souhaite pas se réaliser totalement ?
Lorsque nous pratiquons le yoga, nous avons tous un but, qu’il soit maîtriser le stress, le mental, les émotions, aller vers davantage
d’harmonie, de sérénité, de sagesse… Et pour tous ces objectifs il n’existe aucun autre moyen que de nous tourner vers l’intérieur !...
Nous le savons parfaitement ! Pourtant malgré cela, nous nous dispersons, nous avons toujours autre chose de plus important à faire que
notre pratique, pas le temps !... Les jours passent, les mois, les années,… Et nous passons à côté de notre but, impossible de poursuivre
notre quête !... Comment cela se fait-il ?
Le verset 38 des yogas sutras nous dit :
« Quand on est fermement établi dans Bramacharya, virya est obtenue »
Brahma est la source de nous-mêmes, charya signifie vivre près de, et virya c’est la force spirituelle, la vaillance, le courage, la foi
inébranlable, qui nous permet de poursuivre notre quête, de nous approcher de Brahman et de demeurer près de lui.
Sans virya nous nous dispersons, impossible de pratiquer et nous passons notre vie à côté de l’essentiel… Nous-mêmes et de ce fait la vie même !
Notre précieuse énergie est gaspillée, elle coule sans cesse et s’épanche vers les objets extérieurs sans valeurs, sans importance !...
Elle s’en va à l’encontre de l’être, de sa plénitude et de sa joie.
Tout ce qui pénètre en nous par nos cinq sens est nourriture, et nous rapprochera ou nous éloignera de la source.
Ainsi il y a une manière de travailler, de vivre, de se nourrir, de faire l’amour, qui nous rapproche de Brahman ou nous en éloigne !
Les désirs et la recherche des plaisirs emplissent aujourd’hui notre monde et nous pousse toujours plus loin de la vérité.
Brahmacharya est souvent traduit par abstinence sexuelle, cependant limiter brahmacharya à la chasteté nuit à la compréhension profonde de ce
sutra.
Le yoga et l’Âyurveda ne nous demandent pas de refouler nos désirs et de refuser les plaisirs, mais d’apprendre à vivre en conscience,
de manière juste et droite, dans le Dharma en accord avec yamas et nyamas et la loi du karma.
L’épanouissement de brahmacharya va de l’intérieur vers l’extérieur, comme le fruit se détache de la branche lorsqu’il est mûr.
Souvenons nous que l’énergie ne doit pas être dispersée mais concentrée. Elle ne doit pas descendre mais s’élever afin de s’unir à la conscience
et l’illuminer.
Le yogi ne consumme pas le pranâ, il le raffine, le subtilise, lui permet de croître et le transforme en énergie spirituelle : virya.
Virya permet une ouverture lumineuse de réconciliation avec nous-mêmes et de bonheur ineffable, ou l’infini s’engouffre, nous pénètre,
nous transformant de nos cellules à notre âme.
En cette fin d’année nous pouvons choisir d’être pris dans le vacarme et l’effervescence des préparatifs pour les fêtes ou bien nous pouvons
veiller à ne pas nous disperser dans ces débordements d’excitations néfastes!
Nous pouvons choisir d’aller à contre courant du mouvement général par davantage de calme et d’intériorisation.
Quand une société a perdu jusqu’à la signification de ses fêtes, elle nous entraîne dans un jeu de marionnettes dont elle tire
les ficelles !
Noël est la fête du soleil intérieur « Natalis », du Soi suprême. Dans l’antiquité, au coucher du soleil, de grands feus étaient allumés et
l’aube l’occasion d’une méditation.
L’arbre décoré avec des fruits était offrande au divin afin qu’il accorde un été fructueux.
La bûche de bois brûlée le soir de Noël représentait l’incarnation de Dieu au sein du feu sacré de la Déesse.
Ce n’est pas du tout un hasard si la naissance du « Christ », « lumière de l’âme », est célébrée au solstice d’hiver.
La nature qui meurt est pour l’être humain l’occasion de renaître intérieurement…
A condition qu’il plante dans sa propre terre la graine du nouveau né intérieur.
Je vous souhaite à tous de très belles fêtes, dans la joie, l’amour et la lumière.
Om Shanti
