Lettre de fin d'annéeNovembre/décembre 2010
Sri Patanjali définit le yoga comme "l'installation de l'esprit dans le silence". Il nous donne aussi les clés pour cesser d'être le jouet du
mental et réaliser le yoga, ces clés sont: Abhyàsa et Vairàgyà.
Abhyàsa est un mot sanskrit qui signifie pratique régulière, persévérante et volontaire.
Vairàgyà signifie l'équanimité qui s'installe lorsqu'il y a non attachement à "raga" et "dwesha", désir et répulsion, recherche du plaisir et
rejet du déplaisir.
Ces deux mots, Abhyàsa et Vairàgyà sont les deux ailes de la liberté et nous montrent la voie du yoga.
Si le mot yoga, qui signifie unité intérieure, est le but, Abhyàsa et Vairàgyà sont les moyens pour atteindre ce but.
Il n'existe finalement que deux directions dans la vie nous dit Swami Niranjanananda, la première est extérieure et elle nous conduit vers la
recherche de l'agréable, le refus du désagréable, la division et la confusion.
La deuxième est intérieure, elle nous conduit vers l'harmonie, la paix et le bonheur par la réalisation de nous-même.
Si nous décidons de choisir la première voie, la pratique du yoga restera un loisir comme un autre, une activité que l'on consomme
temporairement et qui sera bientôt abandonnée pour autre chose ... Et ainsi de suite ...
Lorsque nous choisissons la seconde voie, la dualité, la peur, l'étroitesse d'esprit et de coeur, la souffrance, sont amenées à disparaître.
Cependant cela ne se produira pas sans notre participation engagée. Les demies mesures n'ont jamais fait progresser personne.
Abhyàsa, c'est être parfaitement installé dans la sadhàna.
Swami Satyananda nous dit ceci: " pratiquer pendant un temps n'est pas abhyàsa. Abhyàsa signifie pratiquer quelque chose que l'on n'a pas le
choix de briser." Cela fait partie intégrante de notre vie.
Une vie spirituelle nous donne beaucoup de joie, d'énergie, de vitalité, de force intérieure, mais il faut d'abord investir notre énergie dans
la pratique de manière ferme et régulière.
Vairàgyà, l'équanimité, n'est pas synonyme d'indifférence ou de passivité. Lorsqu'il fait froid, nous nous couvrons davantage et lorsqu'il fait
chaud, nous ouvrons les fenêtres ... Nous ne restons pas passifs!
La pratique assidue, Abhyàsa nous conduit vers le contentement intérieur avec un sentiment de pleinitude qui ne vient de rien d'extérieur...
C'est à partir de ce moment là que le non attachement s'installe.
Le terme "non attachement" est souvent mal compris. Il n'est pas synonyme de détachement volontaire, il ne signifie pas qu'il faille tout
abandonner et courir vers la grotte la plus proche, pour y passer le reste de notre vie!
Le non attachement s'installe avec la pratique de la sadhàna qui nous donne un regard lucide sur nous même et le monde.
En observant notre relation au plaisir et au déplaisir, nous voyons clairement la nature éphémère de tous plaisirs et également celle du
déplaisir. Nous comprenons alors la souffrance qui découle de tout attachement et aussi combien la recherche de l'agréable est sans fin,
combien elle nous enchaine, nous faisant perdre un temps et une énergie précieuse.
Au final, quel est le véritable désir? Le seul désir?
Pour le chercheur spirituel sincère, il devient évident que ce qu'il cherche est l'état de non désir qui est l'absolue liberté, la seule
liberté.
"Par une pratique persistante et avec l'équanimité, nous cessons d'être le jouet du mental", nous dit Sri Patanjali.
La loi universelle de l'effort est valable pour tous. En tant qu'être humain, on ne peut rien sans régularité, tout en lâchant prise quant au
résultat... Alors, les trésors du yoga se manifestent dépassant toute attente.
Sw.Dharmapriyananda

Chaque seconde qui passe induit un changement dans notre vie, ce changement est plus ou moins inconscient mais celui que nous étions en
démarrant la lecture de cet article n'est déjà plus le même après la fin de cette phrase.
Quand le changement est inconscient, nous le subissons mais n'y mettons pas d'entrave. Quand le changement devient conscient, beaucoup de
facteurs entrent en jeu. Ainsi nous sommes souvent poussés à bloquer cette situation pour faire en sorte que rien ne change.
Pourquoi? Par peur de l'inconnu.
Chaque situation connue est plus ou moins maîtrisée. Cela nous rassure. Chaque changement amène de nouveaux facteurs inconnus et d'instinct
nous les redoutons ... Alors par souci de préservation, nous préférons souvent rester en terrain connu.
Dans le yoga, nous apprenons l'impermanence.
Les choses changent, les êtres évoluent, notre monde autour de nous ne cesse de se transformer. Il faut être conscient de ces changements et la
première des choses à faire est de diriger son regard vers l'intérieur, de s'observer pour amener cet éclair de conscience qui nous permettra
de nous reconnecter à notre être profond, notre Atman.
Cependant nous devons en même temps comprendre la notion d'équanimité.
Porter le regard vers l'intérieur peut être très déstabilisant si l'on n'est pas prêt. Alors il nous faut placer le témoin neutre, observer
tout ce qui vient avec douceur, accepter avec calme tout ce qui apparait, ne pas juger, ne pas s'identifier et s'entourer d'amour et de
compassion.
Cela nous permettra de mieux accepter le changement, de ne plus le redouter, et de l'apprécier à sa juste valeur. Car, tout est là, avoir
l'attitude juste face à toutes les situations du quotidien.
Hari Om Tat Sat
Satyatma (Laurent)

Un pooja sera célébré le dimanche 5 décembre à 18h 00 en mémoire du Mahasamadhi de Paramahamsa Satyananda Saraswati.
Il sera suivi d'un repas à partager. Vous êtes tous cordialement invités.
