Lettre mensuelle n°7!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Avril 2010
Marcher seule dans la montagne et écouter le silence alentour… Il neige en ce matin pascal, comme un clin d’œil de la vie en ce
jour de renouveau.
Les premières fleurs forment des tapis mauves et jaunes sur fond blanc.
Des sources jaillissent de toutes parts et annoncent la fonte des neiges depuis les sommets.
L’impression de pureté est saisissante… Ici rien n’est le fruit de la main de l’homme, rien de trop, rien de superflu.
Le silence des montagnes est emprunt d’une profondeur dans laquelle le moindre son vibre, raisonne… Il ressemble au silence de la
méditation qui contient tout ce qui se manifeste et disparaît à chaque instant.
En montagne on apprend à être seul, à se mettre en route, à devenir nomade, à ne pas gémir, à ne pas parler inutilement, à ressentir le
frémissement de l’âme.
Je respire et la montagne tout entière respire avec moi… Chaque pas conscient me conduit vers moi-même, me dépouillant de toutes pensées,
de toutes chimères, de tout ramage et plumage, redécouvrant mon cœur d’enfant… Un cœur mis à nu, vacant, libre pour la vérité.
Sans que je l’aie cherché, l’éternité est là ce matin… L’immortel me touche, m’embrasse et me prend dans ses bras et cette étreinte n’est rien
d’autre que cet extraordinaire et inconditionnel Amour que j’ai longtemps cherché dans le monde, un état d’être, qui n’a rien à voir avec
le sentiment de tomber amoureux.
L’amour recouvre toutes les choses de la terre mais nous ne savons pas le voir, le sentir, le goûter et pourtant il est là à chaque instant.
Un immense sentiment de gratitude envers la vie me remplit et mon âme se dilate encore par cette reconnaissance.
La gratitude est un sentiment merveilleux et chaque fois que je l’expérimente, elle ouvre mon cœur largement et me conduit à davantage
d’humilité, de joie et d’amour.
Il n’y a pas de place pour des émotions médiocres lorsque la reconnaissance est présente.
« Santosha », le contentement est le deuxième nyama des yogas sutras de Patanjali.
« Un bonheur sans égal vient de la pratique du contentement ». Sutra II 42
Swami Satyananda nous dit : « Il est impossible pour quelqu’un qui n’est pas content ni de lui, ni du reste du monde, d’atteindre à la
conscience supérieure ». « Le mécontentement est l’un des plus grands voiles d’avidya (ignorance).
Santosha n’est pas résignation aveugle, mais véritablement joie, satisfaction à vivre l’instant présent. Le moment présent est véritablement
un « présent », lorsque nous le vivons pleinement.
La plupart du temps, nous ne vivons pas l’instant, nous vivons dans notre tête, dans un monde intellectuel, abstrait et complexe, englué de
mots.
La plupart du temps, nous ne vivons pas dans le réel, lorsque nous voyons ou ressentons quelque chose, nous nous détournons de la réalité pour
nous tourner vers les images proposées par la mémoire, par le mental…
C’est ainsi que nous ne vivons pas véritablement dans le monde tel qu’il est, mais dans notre monde remplit des fantômes du passé :
Samskaras et Vasanas.
Les samskaras sont les empreintes du passé laissées dans l’inconscient et le subconscient ; les vasanas sont des
désirs pulsionnels conditionnés, liés aux samskaras, qui nous poussent hors de l’Être dans le faire et l’avoir, créant sans cesse de
nouveaux samskaras et vasanas.
Cette division permanente entre ce qui est réellement et ce que nous pensons, désirons et faisons engendre souffrance, instabilité,
insatisfaction, anxiété et stress.
Imaginons que nous ayons pris des vacances pour Pâques et qu’il pleuve tous les jours… Au lieu d’accepter ce qui est et d’aménager
notre temps libre en fonction du temps qu’il fait, nous allons penser qu’il devrait faire beau, parce que nous avons prévu randonnées
et piqueniques !... Ainsi divisés entre ce que nous pensons, désirons et la réalité, nous risquons de gâcher nos vacances.
Fabrice, jeune agriculteur « bio », me disait il y a quelques jours : « Les gens commandent moins de paniers au centre, parce qu’ils
veulent déjà des légumes d’été : tomates, poivrons, concombres, courgettes etc.…
N’est ce pas ainsi que nous voulons plier la nature toute entière selon nos désiratas égoïstes ?
Mais la nature suit sa marche et n’obéira jamais à l’ego des humains… Elle se rebelle et ceci engendre de plus en plus de catastrophes
naturelles.
C’est nous qui devons suivre l’ordre de l’univers et non l’inverse et ceci est la seule chance d’harmonie et de bonheur que nous avons.
Le Dharma est l’ordre cosmique, il est cette intelligence naturelle qui fait s’ouvrir la fleur spontanément sous le soleil du printemps…
Qui permet à la rivière de couler sans résistance vers l’océan en irriguant au passage, plaines et vallées… A l’arbre d’offrir ses fruits
en été et de laisser ses feuilles tomber en automne afin de renaître bourgeon au printemps…
A l’oiseau de saluer, par des chants
d’allégresse
le levé du soleil, de s’envoler la journée pour se nourrir et nourrir ses petits, de cesser de manger dès la tombée du jour et de regagner
son nid pour la nuit… Tous les animaux font cela, toutes les plantes, toutes la nature, suivent instinctivement l’ordre cosmique…
Il n’y a que les humains qui se croient au dessus de la nature et transgresse cette loi.
L’être humain est le seul dans l’univers à introduire le désordre par son inconscience, il provoque la confusion et désorganise tout ce
qu’il touche.
Plus nous transgressons la loi Dharmique de la nature et plus nous sommes en proie aux difficultés grandissantes avec nous-mêmes, avec
les autres et notre environnement.
Le mal être, « la crise », que nous connaissons aujourd’hui correspond à notre état d’inconscience.
Nous pensons une chose, agissons d’une autre et ce que nous ressentons est encore autre chose. Au plus profond de nous-mêmes, nous pouvons
observer et ressentir ce qui est juste, mais nous n’écoutons pas la voix sage du cœur. Nous n’avons plus de centre et vivons à la périphérie
de noue mêmes, et une vie qui n’a pas de centre, pas de profondeur est une vie plate, ennuyeuse, dénuée de sens… Nous cherchons alors à
compenser avec de multiples échappatoires qui se résument au « Dieu consommation ».
Cette alternative peut rendre notre ennui un peu plus supportable, mais est-ce qu’elle nous donnera le bonheur véritable ?...
Est-ce que cette supercherie, cette fuite de nous-même, vaut l’épuisement des ressources de la planète ?
On nous parle sans cesse de relancer la consommation, de croissance économique, mais comment pouvons-nous croire un instant que notre
planète possède des ressources sans cesse croissante ?
Les désirs conditionnés de notre petite personne valent-ils des tonnes de déchets et de pollution de toutes sortes, ainsi que la souffrance
et la mort de milliers d’êtres vivants ?...
Nos consciences ressemblent à la grenouille mise vivante dans une casserole d’eau froide, qui s’est habitué progressivement à la montée de la
température. N’ayant plus le réflexe de réagir et de bondir hors de la marmite !
C’est nous qui engendrons le monde dans lequel nous vivons, notre avenir, l’avenir de nos enfants, de nos petits enfants, de la planète…
C’est nous maintenant !
Le Dharma est loi d’inter-être, loi de cause à effet, il nous montre si nous voulons bien observer que tout dans l’univers est inter-relié,
que toute cause a un effet et tout effet une cause… Ce que nous voyons aujourd’hui dans nos vies et dans le monde est dû à nos pensées
et actions d’hier, de la même manière nos pensées et actions de ce jour engendrent notre avenir. Nous sommes responsables de notre
bonheur et de notre malheur ! Et ceci est une merveilleuse nouvelle, non ?
Alors, n’attendons pas que les dieux nous viennent en aide ou que les anges gardiens nous protègent et encore moins que Mr Sarkozy fasse
quelque chose pour nous et la planète… Nous ne croyons plus en Dieu, mais nous croyons en des bêtises pareilles !
A moins que nous ne devenions attentifs à nos pensées, à nos émotions, à nos sensations, à nos actions, à moins que nous ne vivions chaque
instant pleinement, satisfaits de peu de choses, en simplicité et authenticité nous ne trouverons pas le bonheur véritable et profond et
il n’y aura aucune amélioration dans le monde.
Il se peut que nous percevions l’amplitude des difficultés, du travail à effectuer et que nous choisissions de faire comme l’autruche en
enfouissant notre tête dans le sable…
Ne rien voir, ne rien entendre en continuant à vivre dans « Note petit monde »… Cependant, au lieu d’éviter la souffrance, nous courrons
droit vers elle en agissant ainsi !
Il y a une autre manière d’échapper à la souffrance, elle nous demande du courage, de la détermination, de la discipline, mais celle là est
définitive…
Cette méthode consiste à intérioriser nos consciences, à nous observer et à méditer.
On trouve la paix, l’unité et l’harmonie exactement là où se trouve l’agitation, le stress, l’angoisse, la division…Là où nous ressentons
la souffrance, nous pouvons également trouver la libération de la souffrance.
D’où vient l’eau de pluie ? Elle provient de toute l’eau de la terre, y compris l’eau stagnante et impure… N’est ce pas merveilleux que
la nature transforme cette eau sale en eau pure ?
Si nous le lui permettons, notre conscience agira de même avec nos samskaras et vasanas, nos désordres et souillures intérieures.
Le yoga est un processus alchimique qui transforme le métal grossier des pensées, des désirs et pulsions égoïstes, en l’or pur du désir
d’unité, de vérité, de sagesse et d’harmonie.
Yoga, méditation et unité sont synonymes.
Lors que j’écoute la montagne respirer, je suis la montagne, il n’y a alors qu’unité sans pensées, sans désirs et Santosha est présent.
En cette période de début de printemps, notre corps réagit en mobilisant les organes de manière à désintoxiquer les déchets de l’hiver.
Alors que le côlon, la vessie, les reins et les poumons jouent un rôle important dans le processus de nettoyage, c’est le foie qui a le
plus de travail afin de purifier le sang de ses impuretés.
Lorsque le corps est surchargé de toxines, le foie nous indique son besoin de purification par des symptômes tels : des allergies,
des maux de tête, des poussées de fièvre, des nausées, de l’irritabilité, des problèmes articulaires, musculaires, des éruptions cutanées,
de la fatigue, une langue chargée, de la mauvaise humeur, de l’agressivité.
Au printemps ou l’air est doux et humide (qualité kapha), les saveurs à privilégier sont l’amer et l’astringent (réducteur de kapha),
l’amer purifie, tandis que l’astringent assèche. C’est le meilleur moment de l’année pour augmenter la consommation de légumes
à feuilles vertes tel les artichauts violets, les salades sauvages, les asperges, les radis noirs, la rhubarbe… Ils poussent le foie,
par leur amertume à sécréter davantage de bile, d’où un effort détoxifiant.
La saveur âpre et astringente, permettant d’éliminer l’eau en excès, se trouve dans les choux, les pommes, les légumes secs,
ainsi que dans de nombreuses plantes, tel la sauge, le millepertuis, les feuilles de framboisiers et de mûrier.
Le chardon marie, le trèfle rouge, la gentiane, l’aloès vert sont excellents également pour drainer le foie et la vésicule biliaire.
Chaque matin, au levé : 1 cuillerée à soupe d’huile d’olive et une cuillère à soupe de jus de citron. 1/4 d’heure plus tard un verre
d’eau chaude et un petit déjeuner léger.
Le soir au coucher : dissoudre une pincée de curcuma dans une tasse d’eau chaude. (Le curcuma absorbe les toxines de l’intestin.)
Si vous souffrez d’un excès kapha en cette saison se manifestant par des allergies, asthme, bronchites, sinusites, etc.… De la lourdeur
et de la somnolence : éliminez tous les produits laitiers, les sucres raffinés, les farines raffinées, les huiles hydrogénées, la viande,
les œufs et la charcuterie.
Consommez essentiellement des fruits et fruits secs, des légumes frais et secs, du riz basmati, des jus de fruits et de légumes frais.
Une journée de jeûne par semaine est également excellente pour les personnes kapha. Les personnes pitta peuvent jeûner une journée / 15 jours.
Les personnes vata doivent éviter le jeûne, il aggraverait leur excès de vayu (air) et leur manque de prithvi et apas (terre et eau).
Le foie est un véritable laboratoire d’épuration et de transformation des hormones et de son bon fonctionnement dépend non seulement notre santé,
notre longévité, mais aussi notre humeur, notre mental et nos émotions.
Toutes les hormones que nous produisons passent par foie pour être éliminé.
C’est pour cette raison que les femmes qui prennent des hormones substitutives, à la cinquantaine, doivent faire très attention à l’état de
leur foie, car ces traitements surchargent inévitablement celui-ci.
Les effets secondaires dangereux de ces traitement sont bien connus aujourd’hui, bien que certains médecins continuent (par manque de conscience)
à les prescrire aux femmes et parfois jusqu’à un âge avancé.
Si ces effets négatifs sont plus faciles à supporter quand on est relativement jeune, avec l’âge les risques deviennent plus grands car la
fonction hépatique n’est plus ce qu’elle était.
Aujourd’hui de très nombreuses femmes choisissent d’elles-mêmes de supporter les petits désagréments éventuels durant cette période et de
ne pas prendre de traitement médical. D’autres cessent, dès la ménopause installée, tout traitement de synthèse et c’est une sage décision.
La ménopause et l’andropause ne sont pas des maladies et ne relèvent nullement de la médecine et de la pharmaceutique.
La ménopause et l’andropause sont des portes de passage très importantes dans la vie de chacun, « des pauses » véritablement, vers davantage
d’intériorité, d’écoute, de sagesse, d’harmonie et de fraternité homme/femme.
Il serait bon de nous rendre compte que nos modes de vie perturbés et agités, nos conflits émotionnels, nos résistances au changement,
notre peur de vieillir sont à l’origine de la majorité des troubles de la ménopause.
Tous troubles devraient être l’objet d’observation profonde et de discernement… Bouffées de chaleur, déprime, anxiété, irritabilité ne sont
certes pas le fruit du hasard mais probablement porteurs de messages pour nous inciter à vivre dans le présent.
La clé de ce passage important, est l’acceptation du changement, le lâcher prise, l’amélioration de nos modes de vies qui doivent tendre vers
davantage de simplicité, de paix et de sobriété.
« Cette pause » nous invite à laisser derrière nous tout ce qui n’est pas nécessaire, tout ce qui est superficiel afin de renaître au sens
sacré de la vie.
Le sens profond de la « pause « est que nous devons abandonner peu à peu tous les désirs de surface pour aller vers celui essentiel de
notre âme.
C’est vraiment très dommage et dommageable d’occulter ce passage naturel par des pilules miracles, promesses de jeunesse et de
séduction éternelle !!!
Pourquoi ne pas faire confiance à la sagesse du corps et à la vie ?
Pourquoi ne pas accepter nos rythmes biologiques au lieu de nous uniformiser ?
A-t-on peur à ce point du naturel ? Ne peut-on plus se fier à des milliers d’années d’expérience de vie ?
Pourquoi entretenir ce divorce permanent entre le corps et l’âme ?
Il nous faut prendre conscience que les enjeux économiques concernant l’hormonothérapie, mais également tous les produits « du jeunisme »
sont fabuleux !
Toute une industrie est mobilisée contre la « maladie » : vieillissement !
On fait croire aux gens en bonne santé qu’à partir de la cinquantaine, ils doivent se faire « dépister », car ils risquent de
tomber malades !!! Qu’est ce que c’est que cet esclavage !!!
On veut nous soigner par anticipation car sinon nous risquons de mourir un jour !!!
La médecine est très utile en cas de maladie, mais n’a rien à faire lorsque nous nous portons bien et nous sentons parfaitement
lorsqu’il est nécessaire d’aller consulter le médecin, non ?
Nous devons avant toute chose reprendre possession de nos vies.
Nourrissons nous simplement, le plus près du naturel possible, d’aliments vivants (évitons ce qui est mort et dénaturé).
Observons-nous et souvenons nous que l’Âyurveda nous conseille de prendre des aliments aux qualités opposées à notre nature, afin
d’équilibrer.
Si vous souffrez des troubles de la ménopause, demandez à la nature de vous aider : Essayez la cimifuga (actéa racemosa), le meilleur
œstrogène naturel.
La sauge également est efficace contre la transpiration et la fatigue.
Le yam (igname sauvage) excellent contre l’excès de chaleur, l’irritabilité et l’insomnie.
Evitez le café, l’alcool et le tabac (favorisant l’excès de chaleur et l’irritabilité).
Massez votre peau à l’huile de sésame (pour vata et kapha), huile de coco (pour pitta).
Pratiquons la marche en montagne, le sport en plein air, le yoga, la méditation.
Voici les meilleurs préventifs pour une excellente santé, longévité et Santosha.
OM TAT SAT
Swami dharmapriyananda saraswati